Mardi 10 mars à 10 heures, sur le Vieux-Port, cinq représentant·es d’organisations ont tenu une conférence de presse pour appeler à une mobilisation le 14 mars à Marseille. Derrière cette prise de parole publique, 60 organisations locales (associations, collectifs, syndicats…) portent un appel contre la montée du racisme, du fascisme et de l’islamophobie.
L’initiative dépasse déjà le cadre local : plus de 300 signataires à l’échelle nationale soutiennent cet appel à se mobiliser dans la cité phocéenne.
Cette mobilisation intervient la veille des élections municipales, dans un climat politique jugé préoccupant par les organisations présentes. La progression de l’extrême droite inquiète. Le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, fait partie des favoris aux côtés du maire sortant Benoît Payan, du Printemps marseillais.
Pour les collectifs mobilisés, cette situation impose de faire entendre les voix de la ville.
Lors de la conférence de presse, les intervenant·es ont décrit un climat politique et social de plus en plus tendu. Après la mort du militant néonazi à Lyon, on constate une intensification des attaques visant des personnes racisées, des minorités de genre ou encore des militant·es ouvertement engagé·es à gauche.
Les organisations dénoncent également les défilés organisés par l’extrême droite, au cours desquels des participants effectuent des saluts nazis, scandent des slogans racistes et s’en prennent à des lieux associatifs, notamment des centres LGBTQIA+. Autant d’actes qui, selon elles, participent à banaliser la violence politique et les discours de haine.
« L’extrême droite, la haine raciale, l’homophobie et le sexisme n’ont pas leur place à Marseille », ont martelé les représentant·es présent·es sur le Vieux-Port.
Les prises de parole ont aussi élargi le propos à la situation sociale et sécuritaire dans la ville. Les signataires dénoncent l’augmentation des violences policières et l’impunité qui les entoure, ainsi que le renforcement de la présence policière et l’intensification des contrôles visant les personnes sans-papiers. Elles pointent également le rôle des centres de rétention administrative (CRA), symboles selon elles d’une politique migratoire répressive.
Autre sujet soulevé : la stigmatisation persistante des habitant·es des quartiers prioritaires, dans un contexte marqué par la précarité et l’endettement croissant des classes populaires.
Pour elles, la mobilisation du 14 mars doit être un moment de rassemblement et de visibilité. Un moyen, disent-elles, de rappeler que Marseille reste une ville façonnée par les migrations, les luttes sociales et les solidarités.
Le message est clair : face aux discours de haine et aux violences racistes, « Marseille sera toujours antifasciste ».


