À l’Estaque, RiO fait vivre la parole depuis trois décennies

À l’Estaque, RiO fait vivre la parole depuis trois décennies

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À l’Estaque, RiO fait vivre la parole depuis trois décennies

Depuis trente ans, l’association RiO fait vivre la parole dans l’espace public à l’Estaque. Entre promenades urbaines, tchatchades et expérimentations artistiques, elle transforme la rue en lieu de rencontre, d’écoute et de mémoire collective. À l’occasion de son 30ᵉ anniversaire, retour sur l’histoire singulière d’un projet né dans un ancien cinéma de quartier et devenu un véritable laboratoire de conversation urbaine.

Entretien avec Jean Marie Arnaud Sanchez, Comédien Fondateur de l’association RIO, Marseille

« RIO, c’est le nom d’un ancien cinéma de quartier à l’Estaque Riaux. C’était une chaîne à l’époque, il y en avait un peu partout. J’ai habité l’appartement du gardien pendant un moment. J’ai ouvert les portes de l’ancien cinéma et la salle servait de lieu de spectacle. » Curiosité, anecdotes et souvenirs d’enfance. La réouverture du cinéma a peu à peu tiré le fil des histoires du quartier. « C’est devenu un lieu de conversation, un bon prétexte pour amener les gens à parler d’eux et du voisinage. Au coeur d’un quartier ouvrier, on évoque les usines, les difficultés du mariage mixte et tant d’autres choses. J’ai commencé à enregistrer les échanges. J’avais déjà fait ça auparavant dans le grand hall de la faculté d’Aix-en-Provence, on faisait de la médiation hors des murs du théâtre. On proposait des conversations, des lectures dans la partie circulation de la fac».

Du cinéma RiO aux tchatchades : naissance d’un théâtre de la rue

Comédien de formation universitaire, Jean Marie s’amuse de son parcours atypique : « J’ai toujours été un mauvais élève. J’ai raté mon baccalauréat à trois reprises. Pourtant, l’université m’a ouvert ses portes à travers des sessions de rattrapage, sans obtenir mon diplôme du lycée. L’approche théâtrale à la fac m’a donné le goût d’apprendre. J’ai appris qu’on peut observer un sujet sous divers angles : philosophique, psychanalytique et politique. Je me suis demandé quel est le rôle d’un artiste avec ce médium particulier qu’est le théâtre, la parole en général. J’ai compris que le théâtre ne plonge jamais l’artiste dans le réel, mais dans une fiction élaborée, éclairée et esthétique. Une sorte de quatrième mur où la parole du comédien ne résonne qu’avec celle de ses confrères et consoeurs. » L’artiste ne semble désormais plus avoir sa place dans un théâtre où il reproduit un schéma archaïque. « Le théâtre est devenu culturel, et non artistique. C’est presque un loisir. Je pense vraiment que l’art doit prendre la parole avec la rue, et non dans la rue. Là où tout le monde est au même niveau ». De là émerge le concept de Tchatchade. « On a sonorisé le lieu de sorte à ce qu’on entende dans la rue. D’une certaine manière, l’association RIO rime avec ‘théâtre, parole et quartier’. Et ça a attiré beaucoup de monde ! Le but était de créer du lien entre les petites histoires évoquées au cours des tchatchades . Peu à peu, celles-ci se sont déplacées et ont rencontré le financement des politiques de la Ville. C’est comme ça que je suis devenu tchatcheur de l’Estaque ! »

« RIO, c’est le nom d’un ancien cinéma de quartier à l’Estaque Riaux. C’était une chaîne à l’époque, il y en avait un peu partout. J’ai habité l’appartement du gardien pendant un moment. J’ai ouvert les portes de l’ancien cinéma et la salle servait de lieu de spectacle. » Curiosité, anecdotes et souvenirs d’enfance. La réouverture du cinéma a peu à peu tiré le fil des histoires du quartier.     « C’est devenu un lieu de conversation, un bon prétexte pour amener les gens à parler d’eux et du voisinage. Au coeur d’un quartier ouvrier, on évoque les usines, les difficultés du mariage mixte et tant d’autres choses. J’ai commencé à enregistrer les échanges. J’avais déjà fait ça auparavant dans le grand hall de la faculté d’Aix-en-Provence, on faisait de la médiation hors des murs du théâtre. On proposait des conversations, des lectures dans la partie circulation de la fac».

Persuadé que tout le monde est au même niveau et que personne n’est à animer, Jean-Marie s’est mêlé aux tchatcheurs : « Je pense que les gens s’animent tout seul. Bien-sûr, je suis en quelque sorte obligé d’avoir une posture de médiateur car je dois montrer que prendre la parole est un acte. C’est comme ça que j’ai déroulé des fils dans divers endroits de la ville. Je suis d’une génération qui a vu naître le théâtre de rue, avec tous ces grands centres qui ont récupéré le concept et qui sont rentrés dans une logique institutionnelle semblable aux scènes nationales. Pour moi, le théâtre est obsolète dans sa forme actuelle. Je ne fais pas du théâtre de rue, je suis dans la rue ».

Avec pour appui et scène la cité phocéenne, Jean-Marie organise des balades touristiques commandées par l’Office du tourisme, sur la base d’un éclairage. « Je ne raconte pas Marseille, je décris l’espace public. Je dévoile ce que nous faisons ensemble et quelle société nous sommes. Et lors de ces promenades urbaines, je m’intéresse aussi à la langue. Il n’y a pas de parler marseillais, il y a des parlers marseillais. Comme disait Pagnol : « A Marseille, il y a autant d’accents que de quartier ». J’ai expérimenté cela à Belsunce, lorsque j’ai entendu un chinois parler avec un accent marseillais à couper au couteau. »

 

La langue marseillaise, mémoire vivante de la ville

Langage fleuri et coloré, la langue marseillaise n’a de cesse de fasciner et de déranger. « C’est tout un imaginaire. La beauté de notre langue, c’est qu’elle raconte beaucoup d’histoire, elle fait écho en nous. L’espace entre les mots nous permet de partager les imaginaires, de se raconter des histoires et des souvenirs. C’est tout l’inverse de l’Histoire. Avec elle, tout est interprétable. Par exemple, l’actuel Quai des Belges, s’appelait autrefois le Quai Pétain. Alors que l’espace public est un imaginaire partagé sans entrave. Il s’amuse : Bien sûr, je ne suis qu’un homme. Je m’énerve parfois des réflexions que font les touristes que je promène. J’essaie de défendre mon point de vue, ma vision de la ville ; après tout, je parle mon marseillais, celui des quartiers nord. On s’est quand même bien régalé à tchatcher dans la ville. J’avais même repris le fameux Get up, (get on up) de James Brown, revisité en provençal, ça donnait : boulègue, boulèguan. Et ça marche !

Grandir et vivre à Marseille, c’est parler une langue que les autres villes françaises ne comprennent pas. Avoir le sentiment d’être étranger dans le choix de ses expressions : « Tout le monde connaît degun, ou celui qui te donne de l’argent quand il lui tombe un oeil. La langue marseillaise regorge de mots qui stimulent l’imaginaire. Elle intègre du vocabulaire venu d’ailleurs, d’autres cultures en fonction des migrations. Italiens, gitans, espagnols, arabes, comoriens, etc. La diversité de notre ville se reflète dans son accent. Il n’y a que les parisiens pour penser qu’ils n’en ont pas [d’accent] ! ». Marseille, ville de haute qualité environnementale, ne cesse de recycler les êtres humains et la langue. Terre accueillante, elle ne se fige jamais. « C’est ce qui rend la cité phocéenne si intéressante, l’accent est un facteur fort d’exclusion qui l’a longtemps protégée. Avec l’anglais qui vient en permanence rattraper le quotidien, le langage utilisé définit une société. Ici, on est caricaturé par la violence, le son des kalachnikovs, l’attitude. On se moquait de Pagnol à l’époque ! Oui, notre accent nous a protégé en créant de l’entre soi. Heureusement, l’apport de la mer, la constante migration, permet une forme de renouvellement. Puis, l’accent, c’est péquenot. Or les hommes et les femmes sont devenus urbains. On se dirige vers un aplanissement de l’accent. ». 

Fabriquer une tchatchade : l’art de faire parler le quotidien

Promenade improvisée ou balade préparée, le comédien nous raconte. « Je prépare les tchatchades dans ma tête. Je ne cherche pas toujours un sujet tout seul, j’en discute avec les autres. J’ai l’habitude de dire que les idées sont autour de nous, qu’il suffit de les attraper. Je n’en suis pas propriétaire. Tout comme les tchatchades ! Même si je les ai agités et que je suis devenu le tchatcheur principal. La difficulté, c’est de trouver ce qu’on va raconter. Il faut partir d’une parole affective et rentrer dans un discours collectif, partageable où l’affect laisse place à une construction. Il faut quelque chose d’ancré et de compréhensible. Si on cherche une thématique trop élaborée, alors les gens ne se sentent plus légitimes de parler. Il faut des problématiques communes qui permettent de délier les langues ! »

De la grève des poubelles à la perte d’un animal de compagnie, le processus d’élaboration des tchatchades repose sur le quotidien des individus. « Je choisissais un titre avec des sous questions pour ouvrir l’horizon à d’autres conversations. Le plus important, c’est l’endroit où ça se passe. En plein coeur des anciens bidonvilles ou sur le marché à l’Estaque, on ne retrouve pas les mêmes mémoires. Les tchatcheurs quant à eux ne sont pas faciles à trouver. Bien sûr, on avait mis en place de la communication, des partenariats. Les associations proposaient des participantes et des participantes, la Ville commandait des tchatchades. L’impératif était de trouver des personnes avec une histoire à raconter afin de mobiliser l’espace sonore. Après ça se faisait tout seul ! Les tchatchades attiraient l’attention et créaient une société qui peut s’écouter.»

Pourtant, certains endroits s’avèrent être plus problématiques que d’autres. Un tel dispositif se heurte forcément à des échelles plus grandes, à des niveaux politiques plus importants. « Une Ministre avait kiffé le concept et soudainement, on se retrouvait dans un milieu plus formel. La parole de rue, dans l’espace public, a ses propres limites. Cela s’est épuisé tout seul à vrai dire. C’est compliqué de mettre en place des échanges sans qu’ils se transforment en conférences, avec un dialogue qui n’est plus horizontal, une parole hiérarchisée qui va à l’encontre du but initial. A la fin, ça devient une histoire de spécialistes.» L’occupation de l’espace public semble avoir ses limites. Transportée sous différents formats, parfois même dans les mairies de secteur, la tchatchade reste une pratique inhabituelle. Un outil de dialogue qui déplace la vérité et qui ne peut s’élargir au-delà de cinquante personnes, sans devenir rapidement ingérable.

 

« Avant tout, j’utilise les balades touristiques avec l’Office de tourisme, pour montrer comment la ville s’est construite. En perpétuel mouvement, il ne faut pas essayer de la comprendre. La cité phocéenne se déroule sous nos yeux, et nous devons la contempler et suivre son mouvement. En la regardant de haut, on se heurte à la violence, à la difficulté, à l’humain. Marseille est comme un ruisseau : c’est toujours la même eau, sans vraiment l’être. Notre ville est construite par couches, comme un mille feuilles. C’est le port où on vient embarquer et débarquer. Ce n’est pas un centre. La Canebière, c’est un grand axe où les noyaux villageois se sont transformés en ville. La construction patchwork de Marseille s’explique par la géographie et l’espace. J’aime éclairer mes propos avec un texte de Georges Perec sur la notion d’espace : nous sommes des habitants de l’espace, et non du temps après lequel on court. Il suffit de se poser là pour être au bon endroit. »

Contrairement aux villes voisines prisonnières de l’Histoire, Marseille témoigne d’une évolution permanente.

Le Polygraphe : écrire la parole de la rue

« Une fois les tchatchades épuisées, je me suis lancé dans un projet commun : le Polygraphe. Un outil d’écriture collaboratif qui n’a malheureusement pas beaucoup tourné. Johanne Larrouzé, une amie, s’est installée comme écrivaine publique. Une véritable péripatéticienne de l’écriture ! Elle se sert d’un petit clavier portable et d’une imprimante à ticket avec laquelle elle imprime le texte. Une façon d’écrire et d’exposer dans l’espace public.

La poésie peut naître à chaque coin de rue. Il suffit de s’installer, d’écouter et de transcrire automatiquement ce que la foule raconte. Johanne se promène dans les imaginaires partagés, elle digère et transcrit spontanément les paroles entendues. Elle crée une distance dans la parole et dans l’imaginaire de l’autre. Moi, je suis colporteur. Je lis les textes, je les chuchote, je les scande et les accroche dans l’espace public » . De sorte à créer ce cheminement : parole, transcription, détranscription, parole.» Le passage du texte oral au texte écrit reste délicat. La parole se transforme lors de la retranscription : les phrases sont rectifiées, les tournures modifiées, les mots changés. Le langage oral se reconstruit dans l’écrit. Et si certains se réjouissent de voir leur parole améliorée, d’autres ne sauraient le tolérer. « Souvent, les gens sont agacés voire énervés par la retranscription, parce que le texte final ne reflète pas précisément ce qu’ils ont dit. C’est écrit sans ponctuation et avec une dynamique nouvelle. Les points et les virgules, ce sont les émotions, les silences présents dans la parole. Ils renvoient à la poésie. C’est un vrai défi d’apporter de l’intime partageable dans l’espace public ! On a dû le faire une fois ou deux. » Qu’est-ce qui fait la culture actuelle et comment la proposer au public ? Le comédien s’interroge : « Le monde est encore ringard. Il a besoin d’un résultat immédiat. On propose des outils qui sont de l’ordre de la médiation et du spectacle. Et surtout où le spectacle se déroule lors de la médiation. Pour les gens, ce n’est pas de l’art. Quelque chose reste figé. Il est crucial, selon  moi,  d’accepter  de  se  plier  à  un  exercice  de déconditionnement. Le marseillais ou la marseillaise, ils acceptent de retourner leur culture et de se la réapproprier. Mais l’aixois ou le parisien, il en est hors de question. Moi, ce qui m’intéresse dans l’art, c’est ce que l’on peut partager. Pour que ça fonctionne, on doit se déconditionner de ses propres à prioris. »

Véritables instruments de la rue, les tchatchades, les promenades urbaines et le polygraphe invitent à redécouvrir l’espace public et à regarder les choses autrement. « Le but, c’est d’amener les gens à observer autour d’eux. Au fond, on passe notre temps à circuler d’un espace à un autre en essayant de ne pas se cogner. On ne regarde plus son propre quartier. Et si se mettre à parler dehors est une activité qui fonctionne bien dans notre région, car typiquement du sud, je n’arrive pas à vendre ces outils urbains. Je suis un très mauvais vendeur. C’est une des raisons qui m’a fait cesser le théâtre. Je suis agacé de devoir expliquer ce que je fais ; ça se comprend ou ça ne se comprend pas. C’est comme une bonne blague ! Si on doit l’expliquer, elle n’est plus drôle. »

Au fil des années, l’être humain a déserté l’espace public. Si l’aspect méditerranéen de Marseille l’encourage encore à se saisir de la rue, on constate qu’elle n’est plus autant occupée. « L’espace public, c’est l’endroit où on vient vérifier à travers les yeux des autres, si on est bien vivant, On prend le risque de rencontrer l’autre. Avant, on prenait aisément ce risque dans le sud. Le folklore provençal, c’est aussi celui des gens qui parlent fort dehors, sur le marché ou à la plage. Cette proximité avait engendré des sociétés dans lesquelles les gens n’avaient pas peur les uns des autres. Les personnes devaient être dehors à cette époque, pour aller chercher de l’eau ou du pain, elles déposaient une chaise dans le quartier, et papotaient. Aujourd’hui, les gens se confinent chez eux et créent une communauté apeurée par l’autre. C’est de notre faute, le manque d’usage de l’espace public. On s’est cantonnés dans nos maisons. On n’ose plus occuper l’environnement extérieur. Il est plus que nécessaire de se réapproprier la rue ! ».

Au fil de ses expériences, Jean-Marie n’a cessé d’explorer de nouvelles manières de faire circuler la parole dans la ville. Entre discussions improvisées, promenades urbaines et projets d’écriture collective, son travail invite les habitants à se réapproprier l’espace public et à regarder leur quotidien autrement. Au cœur de cette démarche : la tchatchade, une pratique simple mais puissante qui remet la parole des habitants au centre.

Un regard photographique sur l’Estaque

Yanis Lecoeuvre, alias yanislvr, est un artiste visuel marseillais. Autodidacte en photographie, il transforme scènes du quotidien et paysages en images sensibles qui racontent la vie et la mémoire des quartiers. Guidé par les habitant·es, il capte lumières, ruelles, reliefs et traces du passé. Entre observation et poésie, ses photographies offrent un regard humain et attentif sur la ville et ceux qui l’habitent.

Les photographies de Yanis Lecoeuvre offrent un regard attentif et poétique sur L’Estaque. Entre lumières, ruelles et fragments du quotidien, elles racontent la mémoire du lieu, ses transformations et les vies qui l’habitent. Un regard extérieur, mais profondément humain, posé sur un quartier chargé d’histoires.

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Entre Marseille et Nairobi, un projet de solidarité internationale donne la parole aux artistes de Kibera. À travers la caméra et les mots, jeunes français et kényans racontent une autre réalité du quartier, vibrante de créativité, d’engagement et d’espoir.

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Pendant deux semaines, en février 2024, une équipe de jeunes de Marseille est partie à la rencontre de Kibera, à Nairobi, pour coconstruire un projet inédit avec les artistes de Kibera Creative Arts (KiCA). Un partenariat né d’une envie commune : raconter Kibera autrement, à travers celles et ceux qui y vivent, y créent et y transforment leur quotidien. Son nom : From Kiberian Eyes.

Loin des images stéréotypées du bidonville, ce projet croisé entre Éclore, Massalia VOx et KiCA mise sur l’art comme levier de solidarité, de dialogue et d’engagement. Caméra à l’épaule, micro tendu ou carnet en main, l’équipe franco-kenyane est allée à la rencontre des talents de Kibera, avec un objectif simple : capter des récits authentiques, mettre en lumière les artistes du quartier, et faire circuler une parole souvent invisibilisée.

Car Kibera, c’est aussi ça : un vivier de créativité. “Même si Kibera est l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, on y trouve des musiciens, des danseurs, des poètes incroyablement doués”, explique Geoffrey Ochieng, comédien, réalisateur et co-fondateur de KiCA. “On s’est dit : pourquoi ne pas travailler ensemble ?”

Créée en 2006 et officiellement enregistrée en 2016, l’association KiCA est aujourd’hui un acteur central du bidonville. Elle anime des ateliers d’écriture, de photo, de musique, de production audiovisuelle et même de mentorat affectif pour les ados. “Notre idée, c’est de bâtir une communauté auto-suffisante, en créant des espaces productifs et en partageant des compétences”, raconte Erik Babake, auteur, poète et membre actif de l’asso. Chaque semaine, ce sont près de 200 enfants qui participent à ces activités. “Ce sont eux, la prochaine génération. On veut construire l’avenir avec eux.”

KiCA porte aussi des événements forts, comme le Uchaguzi Bila Fujo, un concert géant organisé à l’approche des élections générales pour promouvoir la paix, ou encore l’Art Attack Festival, contre la violence et la drogue. “Notre plus grande fierté, ce sont les artistes qu’on a aidés à émerger, comme la comédienne Mamito ou le chanteur Stivo Simple Boy”, souligne Geoffrey. “Notre studio leur donne accès à des outils pros, là où tout était hors de portée.”

C’est cette énergie-là que From Kiberian Eyes a voulu capter et raconter : un Kibera vivant, débrouillard, profondément humain. En parallèle du tournage, les participants ont produit un livret (TUKO), organisé des événements publics à Marseille, levé des fonds et lancé une plateforme média pour faire vivre les contenus.

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Queers for Palestine : repas solidaire à Casa Consolat

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Queers for Palestine : repas solidaire à Casa Consolat

Un moment chaleureux autour d’un repas vegan palestinien, pour soutenir des projets humanitaires portés depuis Marseille jusqu’à Gaza.

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Ce dimanche 6 avril, la Casa Consolat a vibré au rythme de la solidarité et du partage à l’occasion du dernier rendez-vous de cette troisième édition de Queers for Palestine. À partir de midi, les tables se sont remplies pour un moment chaleureux autour d’un repas 100 % vegan et palestinien, préparé avec soin par l’association SAWT Palestine.

Dans l’ambiance conviviale de cette cantine associative marseillaise, les convives ont pu savourer une cuisine maison pleine de saveurs et de sens. Derrière les plats servis ce jour-là : un projet humanitaire fort, puisque tous les bénéfices de l’événement sont reversés à SAWT Palestine, qui œuvre notamment à la construction d’un orphelinat à Gaza.

L’association porte également une belle ambition locale : ouvrir un restaurant vegan de spécialités palestiniennes à Marseille, dont les recettes permettront de financer des actions concrètes sur le terrain.

Merci à toutes les personnes présentes, à la Casa Consolat pour son accueil, et à SAWT Palestine pour leur engagement. Ce moment de clôture a parfaitement incarné l’esprit de Queers for Palestine : croiser les luttes, célébrer les solidarités et agir ensemble

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Dance surprise à la récré

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Une ode dansée à la jeunesse, entre surprise et émotions

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Née d’improvisations dans les cours de récréation, la création artistique de la compagnie DANS6T s’adresse aujourd’hui aux théâtres, tout en gardant son esprit original : surprendre, faire vibrer, et créer du lien. L’idée est simple et puissante : amener la danse là où on ne l’attend pas, pour toucher les jeunes, leur montrer que l’art est pour eux, avec eux, et peut leur parler profondément.

Au fil des performances, une énergie collective s’est révélée, rassemblant élèves, danseurs, enseignants… et jusqu’aux familles qui se déplacent désormais au théâtre pour découvrir leurs enfants sur scène. Le spectacle en création explore les émotions, les doutes et les élans de la jeunesse, à travers des tableaux construits à partir d’improvisations. Chaque spectateur peut y retrouver un morceau de son propre parcours.

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Un jardin pour Saada

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Partager un espace vert avec tout un quartier

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Cela fait quatre ans que Saada cultive ce petit coin de verdure aux jardins partagés de Consolat : des tomates, du persil, des fleurs, surtout. Ce coin de verdure a transformé son quotidien. Avant, elle sortait peu, mais aujourd’hui, elle connaît ses voisins, parle plus facilement et se sent moins timide. Elle y vient après le travail, y respire, s’y ressource, et y amène même sa petite fille, pour lui transmettre doucement l’amour des plantes.

Ce lieu est devenu son havre, plus précieux qu’un départ en vacances. Elle rêve de voir fleurir tout le quartier, d’offrir des semis aux habitants pour embellir balcons et fenêtres : « au lieu de voir des barreaux, voir des fleurs ».

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